Août
17
16

Shopping, tatouage et muay thaï Bangkok

Shopping, bonnes affaires et contrefaçons

Il était 20h, j’étais revenu sur Khaosan Road pour trouver un endroit pour me restaurer. Les marchands présents en journée avaient pliés bagages et les différentes échoppes mobiles du soir s’installaient à leurs places. C’est un processus qui m’a semblé bien rôdé, peu importe l’endroit en Thaïlande où j’ai pu constater ce balai. Je me suis arrêté chez Magic Max, un restaurant sympa, original et atypique sur la rue Ramboutree. Le jeune patron Max y fait des tours de magie et on y mange plutôt bien pour un prix sympa. C’est là que j’ai rencontré Alice et Stephane, un couple d’une vingtaine d’année. Nous étions sur la même table de cantine. Alice était dynamique, voir hyperactive et de ce fait assez volubile. Ils rentraient d’Australie où ils avaient travaillé dans des fermes. C’était d’ailleur là que je comptais me rendre à l’issu de cette escale de quinze jours en Thaïlande. Alice était une piplette et elle parlait pour eux deux, voir même pour nous trois tant son débit de parole était rapide, soutenu et instoppable. Elle se présentait comme une baroudeuse, une vraie. Mais en réalité, elle semblait plus vouloir flatter son égo. Ils n’étaient en Thaïlande que depuis quelques semaines et ils avaient déjà fait une bonnes partie des activités et lieux cités dans le Lonely Planet et le Guide du Routard. Alice savait dire bonjour en Thaï et savait ce qu’était un pad thaï. Son compagnon Stéphane parlait peu mais il savait qu’en Thaïlande, on buvait de la Chang, de la Leo ou de la Singha. Et il avait déjà eu le temps de s’enfiler trois grandes bouteilles avant même que leurs plats ne soient servits. Alice m’avait vendu le MBK Shopping Mall comme étant LE temple des bonnes affaires à Bangkok. Une sorte de lieu que seule l’élite des voyageurs et vrais aventuriers quasi-devenus des locaux grâce au Guide suprême et ultime du Routard, pouvaient connaître. J’ai donc décidé de m’y rendre le lendemain. Le plus facile pour s’y rendre aurait été de prendre l’express boat. Comme je ne savais pas où se situait MBK, j’ai pris un taxi. J’aurai ainsi pu m’arrêter à mi-chemin à Bobey Market. Bobey Market est le marché de gros du textile de la mégalopole siamoise. C’est là que presque toutes les boutiques de vêtements viennent se fournir. Ce marché est situé à l’intérieur et tout autour de la Prince tower qui se trouve sur la gauche du klong, deux stations avant MBK. C’est un labyrinthe sur plusieurs étages où se suivent des centaines de petites boutiques, souvent remplies de piles de vêtements jusqu’au plafond. On y trouve de tout et pour tous les goûts ou presque. Mais il faut prévoir la journée et attaquer très tôt pour une session shopping à Bobey. Et bien souvent certains commerçants refusent la vente à l’unité. 10 minutes à pieds suffisent pour rejoindre Chinatown depuis le coeur de Bobey market ou une quinzaine depuis Khaosan. Chinatown est le quartier chinois où se vendent et se réparent tous les appareils électroniques. Il y a une rue pour chaque spécialité. Dans l’une d’elle se concentre toute l’activité liée aux smartphones et tablettes tandis qu’ine autre est dédiée à l’audio, au tuning et aux leds. Il y a même un marché où l’on ne trouve presque que des armes “d’autodéfence” … Chinatown n’est rien d’autre qu’un Aliexpress à ciel ouvert et comme Bobey, ne mérite pas un détour en journée. Mais il en est tout autre en soirée. Quand la nuit tombe Chinatown change totalement et des restaurants mobiles prennent place sur l’artère principale. On y mange chinois, varié pour très peu cher et l’ambiance est bonne. Je m’égare. Revenons donc à MBK Shopping Mall. Ce lieu est la place centrale du faux en Thaïlande où les vendeurs si habitués aux étrangers crédules vous mentiront sans vergogne en vous assurant qu’ils vous vendent le dernier Iphone ou le dernier Samsung Galaxy qui étaient les modèles les plus copiés en 2013. Pour s’assurer qu’un téléphone était un original, il suffisait de se rendre sur le site web Checkimei.com pour y rentrer le numéro d’imei noté sur la boîte. Mais peu de touristes connaissent ce site web. À MBK, on trouve aussi des faux polos Ralph Lauren, Fred Perry, Armani et autres marques. J’avais profité de mon premier passage à MBK pour refaite ma garde-robe. Mais les textiles choisis pour confectionner ces polos sont de pietre qualité et, en plus de démanger et d’être peu confortables sous la chaleur thaïlandaise, ils ont très vite bouloché après 3 ou 4 lavages. J’avais aussi décidé de m’acheter une GoPro HD Hero 4 Black dont le prix était bien en dessous du prix français. Pro Photo, était un magasin de matériel photo qui inspirait confiance. Je veux dire, par là qu’il proposait de vraies marques et que tout semblait vrai. Du moins, c’est aussi ce que m’assurait le vendeur. J’y ai donc acheté ma Gopro. Le vendeur m’a fait une facture. La VAT n’y figurant pas, je lui ai demandé comment récuperer mes taxes à mon départ à l’aéroport. Dans un très bon anglais, celui-ci m’a expliqué que si le prix était si bas c’est parce que la VAT n’était pas à payer. Content de mon affaire, je n’ai cherché plus loin. C’est bien plus tard, que je me suis rendu compte qu’il y avait un hic. Ma caméra était bien une Gopro originale, ses performances et son rendu photo et vidéo en attestaient. Mais comme beaucoup d’utilisateurs de Gopro, j’étais un peu déçu par l’automomie de la batterie. Quelques mois plus tard, une mise à jour censée améliorer ce problème est sortie. Pour la télécharger, il fallait enregistrer mon produit sur le site officiel de la marque. C’est à ce moment là que j’ai compris la supercherie. Ma caméra n’avait aucun numéro de série. Je pense que l’usine chinoise qui fabriquait ces modèles pour le compte de la marque américaine, sortaient et écoulaient des produits pour son propre compte sur le marché noir sans que la marque ne le sache. J’ai contacté le service après vente Gopro qui n’a jamais pu me donner une réponse, ni même solutionner mon problème de mise à jour. Encore une fois, ma grand mère avait raison « Le bon marché est toujours trop cher ». Le shopping ça creuse. En Thaïlande, je préfère cent fois manger dans un petit resto de rue que dans un restaurant “industriel”. Je dois quand même avouer que les restaurants japonais à volonté ont du charme et méritent que l’on s’y arrête au moins une fois. Le prix n’est pas excessif, même s’il est presque dix fois plus élevé que dans un resto de rue. Le concept reste néanmoins intéressant et celui du MBK m’a plus. On en trouve un dans presque chaque grand centre commercial de Bangkok. Le principe est simple, toute la chaîne de préparation se déroule sous nos yeux et le consommateur final en devient acteur. Je pourrais même appeler cela “une chaîne de la préparation à l’assiette”, si cette définition ruete ne m’effrayait pas moi même. Je m’explique : un cuisinier découpe les différents condiments (poissons, fruits de mer, viandes, légumes divers) et les place sur des petites assiettes qui défilent sur un tapis, le long des tables. Les clients les saisissent au passage et les plongent dans un bouillon (suki, somtam, lait de soja …) situé au milieu de chaque table. À cela s’ajoutent un buffet de sushis, makis, brochettes et tout le panel de sauces d’accompagnement. Sur le klong, à deux stations du MBK, se trouve Pratunam avec ses centres commerciaux tout aussi gigantesques dédiés au textile. Un peu plus loin, se trouve Pantip qui est dédié à l’électronique et plus particulièrement au gaming. On y croise beaucoup de moines qui sont très friands de high-tek et j’y consacrerai un paragraphe plus tard. La station de Pratunam permet de se rendre facilement au célèbre Lumpini park et son tout aussi, sinon plus connu stadium. C’est là que se déroulent régulièrement des matchs de boxe thaï. La zone du stadium et ses rues sont d’ailleurs dédiées à ce sport avec leurs magasins de tshirts ou de matériel. Il faut compter entre 1000 et 3000 baths pour une place à un match, un weekend. Les prix varient selon les boxeurs, la date et l’emplacement du siège voulu. Je ne suis jamais allé voir un match au Lumpini Stadium. Je laisse ce genre de prix aux expatriés de Sukkhumvit qui ont un niveau de vie élevé et aux touristes.

 

 

Thaï Fight

J’ai eu la chance et le privilège de photographier plusieurs Thaï Fight. Le Thaï Fight est une compétition internationale de muay thaï avec un vrai show à l’américaine. Cet évènement est retransmis à la télévision thaï mais aussi sur les chaînes de sport à l’internationale. Le Thaï Fight est d’ailleur diffusé en France sur une chaîne de sport du cable dont j’ai oublié le nom. Cette compétition est si populaire qu’elle est gratifiée de la présence du roi Rama V. Et surtout, son entrée est gratuite. En octobre 2014, je m’étais retrouvé dans le carré VIP avec les stars du petit et du grand écran thaïlandais. Ce qui est drôle, c’est qu’à ce moment, je ne savais absolument pas qui ils étaient. À la base, on m’avait offert la place idéale pour photographier le combat. J’étais à 3 mètres du ring. Mais au bout de 2 rounds, je me suis dit qu’il fallait varier les angles. Je me suis donc déplacé autour du ring. Les autres photographes étaient tous aglutinés sous les cordes, leurs objectifs se faisaient éclabousser de la sueur des boxeurs. Les places étaient chères et à les voir jouer des coudes entre eux, je me suis demandé si ce spectacle n’était pas plus violent que le combat qui se déroulait sur le ring. Je m’en suis donc écarté et ai pris du recul. Plus tard, on m’a reproché la présence permanente des cordes au premier plan de chacune de mes photos. Voilà donc une reflexion qui m’avait fort bien amusé. Côté matériel, j’étais équipé d’un boitier réflex APSC Canon 650d sur lequel était monté un objectif stabilisé 18–135mm. Malgré sa faible ouverture de f3.5 à f5.6, ce couple a fait des miracles ce soir là, cela malgré la vitesse de l’action et la faible luminosité. J’avais aussi utilisé ce même matériel, le même mois, sur un tout autre événement, le MBK Tattoo Contest 2014.

 

 

MBK Tattoo Contest 2014

J’y avais été invité par Tong mon tatoueur de Ramkhamhaeng. Tong venait d’ouvrir sa boutique, Demonic Tattoo dans le quartier étudiant, bien loin de la masse de ses confrères concentrés sur Khaosan Road. Contrairement à eux, à l’époque, il devait se faire un nom auprès du grand public et notament auprès des occidentaux. Sa popularité croissant déjà auprès des thaïs. Le MBK Tattoo Contest, bien que se déroulant au pied du MBK Shopping Mall et étant totalement gratuit, n’avait reçu la visite de beaucoup d’occidentaux, si ce n’est celle de quelques Hells Angels venus saluer leur frères thaïlandais. La communication avait bien marché pour les thaïs qui eux, étaient venus nombreux. Paradoxalement au nombre impressionnant de “suicides sociaux” ou tatouages faciaux, l’évènement était plutôt familial. Les bikers, comme les gangstas style latinos aux “tattoos à la MS13”, les rockabilly et les hypsters étaient venus avec femmes et enfants. L’ambiance était fantastique et je dois reconnaître que je ne m’étais jamais senti aussi bien sur un évènement que ce soit en France ou ailleurs. Je n’étais plus le “farang money money” comme j’avais l’impression d’être perçu un peu partout et pas que dans les endroits touristiques. Car oui, on ne va pas se mentir, même si j’adore ce pays, les thaïs ne voient bien souvent les étrangers que comme des pompes à frics et les rapports ne sont jamais désintéressés. Les artistes tatoueurs et leurs clients prenaient facilement la pose devant mon objectif. La convention était une sorte de grand marché à ciel ouvert. Chaque boutique de tatouage avait son stand baché. L’organisation d’un évènement de la sorte en France serait inconcevable par rapport aux normes d’hygiène. Tong de Demonic était respectueux de ces normes l’hygiène. Ce n’était pas le cas de tous les tatoueurs du pays. Lors de mon premier séjour sur l’île Koh Tao, je m’étais fait tatouer chez Thaï Art, une petite échoppe non loin de l’ambarcadaire. Le tatoueur qui m’avait pris en main avait fait de l’excellent travail pour un prix ultracompétitif. Les aiguilles et les encres étaient neuves. Au milieu de la scéance, un petit garçon est arrivé dans la boutique. Il me semble qu’il s’agissait du fils de la compagne du patron, une occidentale blonde un peu bohème. Le gamin a commencé à embetter et à vouloir chahuter mon tatoueur qui me “grattait” la peau. J’ai commencé à stresser, j’avais peur que l’enfant le fasse déborder et causer l’irréparable que je garderai à jamais sur ma peau.le tatoueur semblait rôdé et tout aussi gêné. Il n’osait rien dire àcet enfant turbulent qui secouait maintenant mon dossier de fauteuil. La compagne du patron tenait la porte qui donnait sur l’extérieur grande ouverte pendant qu’elle conversait avec une autre personne sur la rue. Le vent du soir s’engouffrait dans le salon emportant avec lui quelques grains de sables. Je les sentais sur mes jambes. J’avais peur que d’autres n’atteignent ma peau écorchée par l’aiguille de la machine. J’ai commencé à avoir peur et à devenir presque hypocondriaque. Je voyais maintenant mon tatoueur toucher sa pédale au sol avec le même gant qu’il utilisait pour effacer le trop plein de sang qui l’empêchait de visualiser son oeuvre sur ma peau à vif. Mon tatoueur ne comprenant pas un mot d’anglais, je me suis donc adressé à la jeune femme qui sembla surprise que je lui demande de fermer la porte. Le tatoueur fit néanmoins un travail remarquable sur mon avant bras, d’autant plus qu’il n’avait encore jamais réalisé ce genre de design. Je lui avais demandé de me tatouer un pattern géométrique dans le style blackwork qu’il me fit en quatre ou cinq heures pour la somme de 8000 baths (200€). En Thaïlande, on peut se faire tatouer à la machine et au bambou. La deuxième technique, plus traditionnelle, découle directement de la culture bouddhiste. Et même si l’on peut se faire tatouer tout et n’importe quoi au bambou par presque tous les tatoueurs, certains moines proposent aux touristes de se faire tatouer des prières et des motifs religieux appelés sakyants. Personnellement, j’ai toujours trouvé ça un peu kitch comme de se faire tatouer des signes chinois ou du tribal façon Clio tuning. Chacun ses goûts me direz-vous et le bouddhisme est la mode. Mais le problème est pris très au sérieux par les autorités. Il est fortement déconseillé de quitter le pays avec un bouddha dans ses valises. Des panneaux géants situés sur la route de l’aéroport international le rappelent aux touristes “Les statues de bouddha ne sont pas des décorations, respectez notre religion”. L’amende peut être salée et il en va de même pour un bouddha tatoué. Quelle hypocrésie me direz-vous. Pourquoi les autorités laissent les tatoueurs et les moines tatouer des bouddhas et des motifs si cela est interdit, probablement pour les mêmes raisons qu’en France il est possible d’acheter des feuilles slim bien que la consommation de cannabis soit interdite.

 

 

Risquer sa vie en traversant

Thaï au volant, mort au tournant. La bienveillance des thaïlandais disparait lorsque ceux-ci sont au volant. En Thaïlande c’est bien connu, on risque la mort à chaque rue que l’on traverse. La tristement célèbre Avenue de Ratchadamnoen comptabilise surement autant d’opposants politiques assassinés que de morts par accidents. Pour la traverser, il faut être vif et rapide comme l’éclair. Le feu rouge l’est tout autant. D’ailleurs qui se soucie des feux rouges à Bangkok ? La loi du plus fort l’emporte et le plus fort est celui qui a le plus gros véhicule. Le piéton lui est en bas de l’échelle. Il n’est pas rare de voir un veillard, un handicapé ou un aveugle bloqué, apeuré au milieu du flot rapide de voitures, camions, bus et scooters. L’Avenue Ratchadamnoen ne connait pas les embouteillages et c’est peut être cela qui la rend si dangereuse. Il m’est arrivé d’y voir des collisions entre voitures et scooters. Dans bien des cas, l’automobiliste s’enfuit. Le problème est national et il suffit de regarder la télévision thaïlandaise pour se rendre compte de son ampleur. Quoi qu’il en soit, j’ai vécu dangereusement et ai survécu à la fureur routière de Bangkok et Thaïlande.

 

 

Bilan

Puisqu’il faut conclure, je dirai que Bangkok est une ville agréable à visiter, une fois les pièges et les bonnes adresses connus. Un budget conséquent est conseillé si vous souhaitez vous y attarder. Quoi qu’on en dise la périphérie de Khaosan Road reste l’endroit idéal où arriver, séjourner et repartir, peu importe la destination.

PRECEDENT
SUIVANT
TYPE AND HIT ENTER